Le 3e homme

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Honest House accueillait début septembre à la Zone Sunswitch, trio originaire de Trondheim naviguant entre doom, sludge et jazz expérimental. Si Tomas Järmyr y bat la mesure, il officie également dans deux autres projets de plus grande envergure : Zu et Motorpsycho. Et si vous connaissez le culte que nous vouons à ces derniers, vous ne vous étonnerez pas que nous en ayons profité pour lui poser quelques questions passionnées, dans notre meilleur norvégien. 

 

Tomas, tu es arrivé dans les MPs il y a presque deux ans, suite au départ de Kenneth Kapstad… peux-tu nous expliquer comment tu as atterri là ?

C’est Kenneth qui m’a présenté au groupe. Nous nous connaissions du Conservatoire de musique de la Norwegian University of Science and Technology de Trondheim, qui est une petite ville où les connexions se font donc vite. On a jammé 3-4 fois ensemble et cela s’est bien passé. Pour être honnête, je ne connaissais pas Motorpsycho avant de rencontrer Kenneth à l’école de jazz. C’est vraiment un honneur de lui succéder, vu ce qu’il a apporté au groupe en quasi 10 ans de collaboration. Bent et Snah m’ont par ailleurs demandé de jouer mon propre jeu, différent du sien, et c’est très bien comme ça. Il y a aussi des morceaux que je ne pense pas pouvoir approcher comme Kenneth le faisait, avec une touche jazzy qui lui est propre.

Imaginais-tu que Motorpsycho avait une fanbase aussi large, et engendrait une telle fascination ?

Non pas vraiment. J’étais au courant de leur réputation en Norvège, mais je ne savais pas l’engouement qu’ils pouvaient susciter au-delà, en Allemagne, Belgique, aux Pays-Bas, en Italie… quand on tournait avec Zu et que je disais que je venais de Trondheim, la question revenait pourtant sans cesse : ‘tu connais Motorpsycho alors ?’. Ca rend le challenge encore plus intéressant et stimulant !

Avez-vous passé en revue leur discographie quand tu es arrivé dans le groupe ? Et comment se passe le processus de composition ?

On s’est directement concentré sur ‘The Tower’ (ndlr : le dernier album en date), l’écriture des morceaux puis leur enregistrement en Californie. C’est seulement après que nous nous sommes replongés dans le plus vieux Motorpsycho.

Tout le groupe est impliqué dans le process. Pour ‘The Tower’ et le prochain album à paraître, c’est plutôt Bent qui a proposé des idées, des riffs, sur lesquels on a beaucoup tourné, que l’on a arrangé et ré-arrangé jusqu’à ce qu’on arrive à quelque chose qui nous plaise. Chacun crée donc ses propres parties, rien n’est imposé par l’un ou l’autre, contrairement à ce qu’on pourrait peut-être penser. Ca amène à beaucoup de discussions et de choix qui se font collectivement.

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Crédit photo: Christel Thurion – www.shootmeagain.com

Motorpsycho sort près d’un album par an, n’est-ce pas effréné comme rythme ? A quoi peut-on s’attendre sur le prochain ?

Tu trouves ? Moi ça me paraît normal, tellement nous y consacrons du temps. On répète en général tous les jours de la semaine de 10 à 14-15h, comme un autre boulot quoi. Sauf qu’il est plus amusant et nous laisse aussi l’occasion de faire d’autres choses. De mon côté, c’est notamment du travail de mixage, mais aussi mes autres projets norvégiens comme Sunswitch et Yodok III, ou d’autres collaborations ponctuelles. L’année dernière, j’ai par exemple travaillé sur une commande pour le Molde Jazz Festival avec deux amis Suédois, comme moi. J’ai besoin de cette diversité et c’est évidemment toujours super de rejouer avec MPs après une tournée avec un autre groupe.

Le prochain album ne sera pas une suite du précédent, il sera juste différent, comme le groupe l’a toujours fait. Une autre direction, vers l’avant. Et au moins une tournée en 2019, si pas deux.

Comment se passe un concert de Motorpsycho ? Quel est la part d’impro sur scène ? Et quels sont les morceaux qui te font le plus tripper en live ?

Comme tu le sais, Motorpsycho joue des sets très longs (ndlr : une moyenne de 2h30’) mais cela n’en est pas pour autant si éprouvant. Il m’arrive de jouer avec d’autres projets et d’être cuit après 1h. Ici, c’est tellement dynamique et varié que si la fatigue est là, elle est plutôt d’ordre mental que physique. La tête travaille !

Il y a évidemment beaucoup d’impro, selon l’humeur et le feeling du jour. On sait que les morceaux sont découpés en ‘sections’ et qu’il peut se passer différentes choses à l’intérieur de celles-là. On est attentifs les uns aux autres, et on sent ce qui va se passer. Pour le reste, c’est toujours la grande inconnue.

Mes morceaux préférés ? J’aime vraiment tout jouer ! Pour le moment, j’ai un coup de cœur pour ‘The Wheel’ (ndlr : morceau issu de l’album ‘Timothy’s Monster’, 1994), qui dégage quelque chose de très puissant.

Une dernière question : on vous voit boire dans de petites fioles sur scène, qu’est-ce que c’est ?

Ca, c’est secret ! Disons… une potion magique ? 😉

 

Julien & Greg Dubois – septembre 2018

MOTORPSYCHO live@”Bruis Festival”-MAASTRICHT 2-9-18 : THE WHEEL from Bernie’s Basement on Vimeo.